Signature d'un contrat d'assurance emprunteur, droit à la résiliation loi Lemoine
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Loi Lemoine 2026 : 3 nouveautés et vos droits expliqués

Vincent – Risk manager crédit
Publié le 24 avril 2026 · Lecture 13 min · Article pilier
L’essentiel en 60 secondes
Ce que la loi Lemoine change pour vous
  • Depuis juin 2022, vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans attendre la date anniversaire du contrat.
  • Le questionnaire médical est supprimé pour les prêts jusqu’à 200 000 € remboursés avant vos 60 ans.
  • Le droit à l’oubli est passé de 10 à 5 ans pour les anciens malades du cancer et de l’hépatite C.
  • En 2025, la DGCCRF a sanctionné 4 banques pour un total proche de 900 000 € : le rapport de force commence à basculer.
  • Les économies possibles sur la durée du prêt vont de 5 000 € à 18 000 € selon les profils.

La loi Lemoine a quatre ans. Sur le papier, elle a tout changé : résiliation libre, suppression du questionnaire médical, droit à l’oubli raccourci. Dans les faits, 85 % du marché reste capté par les bancassureurs et 54 % des emprunteurs déclarent n’avoir jamais été informés de leur droit à la résiliation. Il y a donc un écart entre ce que la loi autorise et ce que le marché permet. Cet écart a des causes concrètes, identifiables, et il commence à se réduire en 2026 sous la pression des sanctions DGCCRF.

Après dix ans côté banque, j’ai vu comment les dossiers d’assurance emprunteur sont traités en interne. Je sais lire les rappels à l’ordre qui circulent quand un régulateur commence à serrer. Et je vois que 2026 est une année charnière : pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, le rapport de force bascule légèrement en faveur des emprunteurs. Pas parce que les banques ont changé d’avis, mais parce qu’il leur coûte désormais plus cher de ne pas jouer le jeu.

Dans cet article, on passe en revue ce que dit la loi, ce qu’elle change vraiment, pourquoi elle est contournée, et comment vous en tirer parti concrètement cette année. Si vous voulez comprendre comment votre banque lit votre dossier avant même d’aborder ce sujet, commencez par notre analyse sur comment les banques évaluent un dossier de crédit immobilier.

La loi Lemoine en chiffres
7,6 Md€
Marché annuel de l’assurance emprunteur en France
85 %
Part captée par les bancassureurs malgré la loi
10 jours
Délai légal maximum pour répondre à une demande
900 k€
Amendes DGCCRF prononcées contre 4 banques en 2025
Sources : DGCCRF, APCADE, études sectorielles 2025-2026

Loi Lemoine : de quoi parle-t-on exactement

La loi Lemoine porte le nom de sa rapporteuse, la députée Patricia Lemoine, qui l’a défendue devant l’Assemblée nationale en 2021. Adoptée en février 2022, entrée en vigueur progressivement entre juin et septembre 2022, elle concerne spécifiquement l’assurance emprunteur des prêts immobiliers à usage d’habitation ou mixte (habitation et professionnel).

Pour comprendre son importance, il faut rappeler l’état du marché avant cette loi. L’assurance emprunteur est obligatoire en pratique pour obtenir un crédit immobilier. Elle protège la banque en cas de décès, invalidité, incapacité de travail ou perte d’emploi de l’emprunteur. Elle pèse jusqu’à 40 % du coût total d’un crédit immobilier et représente jusqu’à 70 % des frais annexes d’un prêt. Pendant des décennies, les banques imposaient leur propre contrat, mutualisé et standardisé, aux emprunteurs. La concurrence extérieure existait sur le papier, pas dans les faits.

Les lois Lagarde (2010), Hamon (2014) et Bourquin (2017) avaient déjà tenté d’ouvrir le marché. Elles permettaient de déléguer l’assurance lors de la souscription (Lagarde), de changer pendant la première année (Hamon), ou à chaque date anniversaire (Bourquin). Résultat concret : une progression limitée de la délégation d’assurance, et des pratiques dilatoires bien rodées dans les banques pour freiner les changements. La loi Lemoine devait rompre avec cette logique en supprimant la dernière friction structurelle : le calendrier contraint.

Les 3 avancées majeures de la loi Lemoine

La loi Lemoine introduit trois mesures distinctes, qui ne s’appliquent pas au même public ni dans les mêmes conditions. Beaucoup d’articles les confondent, ce qui crée des attentes erronées. Voici ce qui change concrètement.

1. La résiliation libre, à tout moment

C’est la mesure la plus médiatisée. Depuis le 1er juin 2022 pour les nouveaux contrats, et depuis le 1er septembre 2022 pour les contrats en cours, tout emprunteur peut changer d’assurance de prêt à n’importe quel moment de la vie de son crédit. Sans attendre la date anniversaire, sans frais, sans pénalités, sans justification. La banque doit répondre sous 10 jours ouvrés et, en cas d’accord, émettre l’avenant au contrat de prêt dans ce même délai.

Cette liberté de résiliation s’applique quelle que soit la date de signature du prêt, quel que soit l’âge de l’emprunteur, quelle que soit la durée restante. Elle n’est conditionnée qu’à une exigence : le nouveau contrat doit présenter une équivalence de garanties avec l’ancien. La banque ne peut refuser un changement que si elle démontre que les garanties proposées sont inférieures, et son refus doit être écrit et motivé.

2. La suppression du questionnaire médical sous conditions

C’est une avancée moins visible mais structurelle. Depuis le 1er juin 2022, le questionnaire de santé est supprimé pour tout emprunteur dont la part assurée ne dépasse pas 200 000 € et dont le prêt est remboursé avant ses 60 ans. Concrètement : un couple empruntant 400 000 € à 50/50 bénéficie de la suppression chacun de son côté (2 x 200 000 €), à condition que le prêt se termine avant leurs 60 ans respectifs.

Cette disposition change la vie des profils qui auraient autrefois été soumis à des surprimes massives ou à des refus purs et simples : personnes ayant eu un pépin de santé, emprunteurs plus âgés, profils à antécédents. Sans questionnaire, la tarification ne peut plus dépendre de l’état de santé déclaré. C’est un rééquilibrage qui profite massivement aux classes moyennes.

3. Le droit à l’oubli raccourci à 5 ans

Troisième mesure : le délai du droit à l’oubli est passé de 10 à 5 ans pour les anciens malades du cancer et de l’hépatite C. Concrètement, passé 5 ans après la fin du protocole thérapeutique sans rechute, l’ancien malade n’a plus à déclarer sa maladie lors de la souscription d’une assurance emprunteur. Il ne peut plus subir de surprime ni d’exclusion liées à cet antécédent.

Cette mesure concerne un nombre significatif d’emprunteurs. En France, plusieurs centaines de milliers de personnes par an sont en rémission complète de cancers divers. Avant la loi Lemoine, beaucoup se voyaient refuser une assurance classique ou proposaient des tarifs prohibitifs. Depuis 2022, l’accès au crédit immobilier de ces profils a été notablement facilité.

Qui est concerné par la loi Lemoine

La loi Lemoine concerne tous les emprunteurs qui ont un crédit immobilier à usage d’habitation ou mixte en France, quelle que soit la date de signature du contrat. Pas de condition d’âge, pas de condition de revenus, pas de condition sur le type de bien (résidence principale, secondaire, locatif). Si vous avez un crédit immobilier en cours et une assurance emprunteur associée, vous êtes concerné.

Quelques précisions importantes sur le périmètre :

  • Les crédits à la consommation ne sont pas concernés par la loi Lemoine. Les règles de résiliation y sont différentes et plus restrictives.
  • Les prêts professionnels purs (hors mixte habitation-pro) ne sont pas concernés.
  • Les anciens contrats sont parfaitement éligibles : même un prêt signé en 2005 peut voir son assurance changée aujourd’hui sous le régime Lemoine.
  • Les co-emprunteurs peuvent chacun de leur côté changer leur assurance indépendamment l’un de l’autre, si la quotité le permet.

Une question revient souvent : faut-il avoir fait jouer la loi Hamon ou Bourquin auparavant pour bénéficier de Lemoine ? Non. La loi Lemoine remplace et supplante les dispositions antérieures. Vous pouvez l’invoquer directement, quelle que soit votre situation passée vis-à-vis des lois précédentes.

Exemple chiffré

Prenons un couple de 40 ans, non fumeurs, ayant contracté un prêt de 250 000 € sur 20 ans en 2023, avec le contrat groupe de leur banque à un taux d’assurance de 0,36 % du capital initial.

Coût total de l’assurance bancaire sur 20 ans : 250 000 € x 0,36 % x 20 ans = 18 000 €

En utilisant la loi Lemoine pour passer en délégation à 0,10 % du capital initial (tarif couramment observé sur ce profil en 2026) : 250 000 € x 0,10 % x 20 ans = 5 000 €

Économie sur la durée du prêt : 13 000 €.

Ce type d’écart, loin d’être exceptionnel, est la raison pour laquelle les bancassureurs défendent leur position avec autant de vigueur.

Pourquoi la loi reste largement contournée

Quatre ans après l’entrée en vigueur, les bancassureurs captent encore 85 % d’un marché de 7,6 milliards d’euros. Comment expliquer cet écart entre le droit théorique et la réalité du marché ? Il ne s’agit pas d’un hasard. Les pratiques de freinage sont documentées par la DGCCRF et identifiées par les associations de consommateurs. Les voici, sans filtre.

L’absence d’information proactive

Première pratique : ne rien dire. La loi Lemoine impose aux banques d’informer annuellement leurs clients de leur droit de résiliation. Cette obligation est rarement respectée avec la clarté qu’elle mériterait. Les mentions sont noyées dans des documents denses, envoyées par courrier plutôt que par des canaux visibles, formulées en termes juridiques peu accessibles. Résultat : selon les études sectorielles, seuls 27 % des Français connaissent la loi Lemoine, un taux en baisse de 6 points sur un an.

Les délais dilatoires

Deuxième pratique : ralentir. La loi impose 10 jours ouvrés pour répondre à une demande de substitution et pour émettre l’avenant. Les contrôles DGCCRF menés entre 2022 et 2024 ont révélé des délais régulièrement supérieurs, parfois de plusieurs semaines. Chaque jour de retard est un jour de cotisation supplémentaire sur l’ancien contrat, souvent plus cher. Certains emprunteurs ont même dû payer deux cotisations en parallèle le temps que leur banque valide le changement.

Les demandes de pièces inutiles

Troisième pratique : alourdir. Certaines banques demandent des documents non prévus par la loi, renvoient les dossiers pour des raisons formelles, exigent des formulations précises qui n’existent nulle part dans le code des assurances. L’objectif est double : décourager et gagner du temps.

Les interprétations restrictives de l’équivalence des garanties

Quatrième pratique : jouer sur la technique. Le seul motif légal de refus est l’absence d’équivalence des garanties. Les banques utilisent parfois ce critère avec une rigueur qu’elles n’appliquent pas à leur propre contrat groupe. L’équivalence est évaluée sur 11 critères définis par le CCSF (Comité Consultatif du Secteur Financier). Un contrat délégué doit couvrir au moins 11 critères minimaux choisis par la banque sur une liste de 18. Cette asymétrie technique peut être utilisée pour refuser des contrats pourtant largement équivalents.

Point de vigilance

Si votre banque refuse votre substitution, le refus doit être écrit et précisément motivé, avec mention des garanties manquantes point par point. Un refus oral, un refus générique (« garanties insuffisantes »), ou un refus qui dépasse le délai de 10 jours ouvrés constitue une infraction que vous pouvez signaler à la DGCCRF via son formulaire en ligne. Gardez systématiquement une trace écrite de vos échanges.

Sanctions DGCCRF : ce qui a changé en 2025-2026

Pendant trois ans après l’entrée en vigueur de la loi, les pratiques dilatoires restaient sans réelle sanction. Les associations de consommateurs alertaient, les courtiers dénonçaient, mais les autorités ne frappaient pas. À l’automne 2025, cette situation a changé.

Les 4 premières banques sanctionnées

Entre septembre et octobre 2025, la DGCCRF a prononcé quatre sanctions administratives contre quatre établissements bancaires pour non-respect des délais légaux de traitement des demandes de substitution. Le total des amendes s’est élevé à près de 900 000 euros, un record dans le secteur.

Banque sanctionnée Motif principal Période contrôlée
CIC Est Dépassement systématique du délai de 10 jours ouvrés Août 2023 – mai 2024
BRED Banque Populaire Retards de traitement et d’émission des avenants Septembre 2022 – mai 2024
Caisse d’Épargne Île-de-France Non-respect des délais légaux de substitution Septembre 2022 – mai 2024
Crédit Agricole Paris Île-de-France Retards dans le traitement des demandes Septembre 2022 – mai 2024

Le CIC Est a écopé seul d’une amende de 196 000 euros, avec une obligation de publication de la sanction sur son propre site internet. Cette dimension publique de la sanction est nouvelle et vise à créer un effet dissuasif au-delà du montant financier.

Une dynamique qui se prolonge en 2026

Les quatre premières sanctions ne sont qu’un début. La DGCCRF a annoncé avoir mené des enquêtes approfondies sur la période 2022-2024 auprès d’un nombre significatif d’établissements. De nouvelles décisions devraient être rendues publiques courant 2026, avec une extension des contrôles à la période 2022-2025. L’ACPR a également inscrit le renforcement du contrôle des pratiques commerciales dans son programme de travail 2026.

L’effet concret sur les banques

Ces sanctions ont déclenché en 2026 un mouvement de mise en conformité interne dans la plupart des grands établissements. Les banques ont revu leurs procédures, renforcé leurs équipes dédiées à l’assurance emprunteur, digitalisé leurs processus pour tenir les délais. Le taux de respect du délai de 10 jours ouvrés s’améliore mesurablement dans les statistiques des courtiers spécialisés. Ce n’est pas une révolution, mais c’est une vraie inflexion.

Vous voulez comprendre comment votre banque analyse vos dossiers ? Notre article de référence sur l’évaluation d’un dossier de crédit vous explique ce qui se passe en coulisses.
Lire l’article complet

Comment changer concrètement d’assurance en 2026

Dans les grandes lignes, la démarche de substitution est simple. Dans le détail, elle demande rigueur et traçabilité. Voici les étapes telles qu’elles fonctionnent en pratique en 2026, avec les points de vigilance à chaque étape.

Étape 1 : identifier les garanties de votre contrat actuel

Avant toute chose, récupérez les conditions générales et particulières de votre assurance actuelle. Vous y trouverez la liste des garanties souscrites (décès, PTIA, IPT, ITT, parfois perte d’emploi), les quotités, les exclusions, les franchises. Ce document est indispensable pour faire jouer la concurrence sur une base comparable.

Étape 2 : faire jouer la concurrence

Plusieurs options existent : comparateurs en ligne, courtiers spécialisés, contact direct avec les assureurs. Demandez plusieurs devis en veillant à fournir exactement les mêmes informations à chaque demande pour obtenir des comparatifs lisibles. Un bon devis doit afficher le taux annuel d’assurance (TAEA), le coût total sur la durée restante, la liste précise des garanties couvertes.

Étape 3 : vérifier l’équivalence des garanties

Avant d’envoyer votre demande de substitution, comparez point par point les garanties. Votre banque évalue l’équivalence sur une grille de 11 critères minimaux qu’elle a définis dans la fiche standardisée d’information remise à la souscription du prêt. Si le nouveau contrat couvre ces 11 critères au moins aussi bien que l’ancien, la banque ne peut pas refuser pour défaut d’équivalence.

Étape 4 : envoyer la demande de substitution

Adressez à votre banque une demande écrite de substitution d’assurance, accompagnée des conditions générales du nouveau contrat, du certificat d’adhésion et de la fiche standardisée d’information. Utilisez un envoi avec accusé de réception (recommandé papier ou électronique). Le point de départ du délai de 10 jours ouvrés est la réception du dossier complet par la banque.

Étape 5 : suivre les délais

La banque a 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser. Si acceptation, elle émet l’avenant dans ce même délai de 10 jours et sans facturer aucun frais. Si refus, il doit être écrit et motivé point par point. L’absence de réponse dans les 10 jours vaut acceptation tacite.

Étape 6 : activer le nouveau contrat et résilier l’ancien

Une fois l’avenant signé, le nouveau contrat prend effet à la date convenue. L’ancien assureur doit être prévenu pour la résiliation, mais c’est généralement votre nouveau assureur ou courtier qui s’en charge pour vous.

Ce que les banques jouent encore en 2026

Le regard du risk manager

Quatre mécaniques internes qui expliquent la résistance des bancassureurs

Première mécanique : l’assurance emprunteur finance le crédit. Dans la grille de rentabilité d’une banque, le crédit immobilier pur est peu marginal. C’est l’assurance emprunteur qui porte la marge. Perdre un contrat d’assurance, c’est souvent perdre l’essentiel du revenu lié au dossier. Aucune banque ne voit cette perte d’un bon oeil, et toutes disposent d’outils plus ou moins explicites pour la retarder.

Deuxième mécanique : la mutualisation protège les profils à risque internes. Les contrats groupe des banques fonctionnent par mutualisation : tout le monde paie un peu plus pour que les profils fragiles soient couverts. Si les profils bons partent massivement en délégation, la mutualisation perd sa base. Les banques savent que chaque client qui part en délégation déséquilibre le modèle pour ceux qui restent. Ce n’est pas une excuse, c’est une explication structurelle.

Troisième mécanique : les objectifs commerciaux internes. Les conseillers bancaires sont évalués sur leur production d’assurance emprunteur. Un changement sortant est comptabilisé négativement. Même un conseiller parfaitement bienveillant a un intérêt professionnel à freiner un départ, sauf si sa direction a clairement acté que la conformité prime sur la performance commerciale.

Quatrième mécanique : le coût d’une sanction reste inférieur au gain. Une amende de 196 000 euros comme celle infligée au CIC Est peut sembler importante. Rapportée au montant annuel d’assurance capté par une grande banque régionale, c’est parfois moins d’un jour de facturation. Tant que le rapport coût-bénéfice des pratiques dilatoires reste favorable, le changement viendra lentement. L’intensification des sanctions prévue pour 2026 vise précisément à inverser ce calcul.

Questions fréquentes sur la loi Lemoine

Qui est concerné par la loi Lemoine ?

La loi Lemoine concerne tous les emprunteurs disposant d’un crédit immobilier à usage d’habitation ou mixte en France, sans condition d’âge, de revenus ou de date de signature du prêt. Les crédits à la consommation et les prêts professionnels purs ne sont pas concernés. En revanche, même un prêt signé avant 2022 peut voir son assurance changée sous le régime Lemoine.

Quelles sont les 3 nouveautés de la loi Lemoine ?

La loi Lemoine introduit trois avancées principales. La première est la résiliation libre de l’assurance emprunteur à tout moment, sans attendre la date anniversaire. La deuxième est la suppression du questionnaire médical pour les prêts de moins de 200 000 € remboursés avant les 60 ans de l’assuré. La troisième est la réduction du délai du droit à l’oubli de 10 à 5 ans pour les anciens malades du cancer et de l’hépatite C.

Qu’est-ce que la loi Lemoine concrètement ?

La loi Lemoine est une loi française adoptée en février 2022 qui réforme en profondeur le marché de l’assurance emprunteur. Elle vise à rééquilibrer le rapport de force entre les emprunteurs et les bancassureurs en supprimant les principales frictions qui bloquaient la concurrence : calendrier contraint de résiliation, questionnaire médical systématique, délai long du droit à l’oubli. Elle poursuit une série de réformes (Lagarde 2010, Hamon 2014, Bourquin 2017) qui n’avaient pas réussi à ouvrir le marché.

Quelle est l’amende pour manquement à la loi Lemoine ?

Les amendes administratives prononcées par la DGCCRF pour manquement à la loi Lemoine peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros par établissement. En 2025, quatre banques ont été sanctionnées pour un total approchant 900 000 euros, le CIC Est étant la plus lourdement condamnée avec une amende de 196 000 euros. Les banques sanctionnées doivent également publier la décision sur leur site internet, ce qui ajoute une dimension réputationnelle à la sanction financière.

Que faire si ma banque refuse ma demande de substitution ?

Un refus n’est légal que s’il est écrit, motivé précisément sur l’absence d’équivalence des garanties, et rendu dans le délai de 10 jours ouvrés. En cas de refus générique, de dépassement de délai ou de demande de pièces non prévues par la loi, vous pouvez contester par courrier recommandé, saisir le médiateur de la banque, puis signaler le manquement à la DGCCRF via son formulaire en ligne. Gardez systématiquement les traces écrites de tous les échanges.

À retenir
Les 5 points clés de cet article
  • La loi Lemoine permet de changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans attendre la date anniversaire, pour tout prêt immobilier en cours.
  • Le questionnaire médical est supprimé pour les prêts de moins de 200 000 € remboursés avant les 60 ans de l’assuré.
  • Le droit à l’oubli passe de 10 à 5 ans pour les anciens malades du cancer et de l’hépatite C.
  • Malgré la loi, les bancassureurs captent encore 85 % du marché grâce à plusieurs pratiques dilatoires documentées.
  • Les 4 premières sanctions DGCCRF prononcées en 2025 marquent un tournant : 2026 devrait voir une amélioration réelle du respect des délais.
Vincent
Risk manager crédit · 10 ans d’expérience

Après 10 ans à analyser des dossiers de crédit côté banque, je décrypte ici ce que les établissements financiers expliquent rarement à leurs clients. Analyses factuelles, exemples chiffrés, aucun produit vendu.

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Note légale : Cet article a une vocation strictement informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en assurance ou en crédit. Les chiffres cités sont issus de sources publiques (DGCCRF, ACPR, Banque de France, études sectorielles). Les montants d’économies indiqués sont des ordres de grandeur, variables selon les profils et les conditions de marché. Avant toute décision, consultez un professionnel réglementé (courtier IOBSP, conseiller en assurance).

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